Normalement les parents ne devraient pas avoir de préférence pour tel ou tel enfant. Lorsqu’un des miens me demande si je l’aime plus que son frère ou sa soeur, il pourrait être difficile de répondre.
Lui dire « Tu sais je vous aime autant l’un que l’autre » ne lui suffira pas. Par contre nous ajoutons alors « chacun de vous possède des qualités qui lui son propre. Toi par exemple tu as été le premier à nous faire découvrir la parentalité ». Pour notre fille unique (et la dernière) nous orientons notre discours ainsi « Tu nous apportes le côté féminin de la famille avec maman ».

Pour notre second (comme moi dans ma fratrie), c’est plus dur… Du dernier il passe « au milieu », trouvant sa place difficilement entre un grand « très présent » et la « petite dernière » qui en profite car souvent à bras, « fifill », « princesse », etc (trop d’étiquettes, mais c’est un autre sujet).
Que pouvons-nous lui répondre alors ? Tablons sur ce qui fait de lui un enfant « unique » à nos yeux : « Tu as donné à ta maman la joie d’accoucher par voie basse (les autres par césarienne) c’est un cadeau formidable pour elle ».

Est-il pour autant le chouchou de la maison ? Non, du tout. Chacun de nos enfants possède des qualités et des défauts. Le hic dans notre société actuelle du « regard des autres » se sont plutôt les défauts que nous tentons de modifier alors qu’il est beaucoup plus intéressant (intelligent) pour leur développement de tabler (montrer – démontrer – expliquer aux enfants et « aux autres ») les supers côtés positifs de nos progénitures.

Tout cela pour en arriver à moi ! Je suis l’enfant du milieu, je suis « l’accident », le pas prévu mais pas du tout vu de cette manière (ouf !). J’étais le dernier passé second, j’étais le garçon puis le grand frère, mais comme la différence d’âge avec mon « petit » frère est quasi de 10 ans, je n’ai pas souffert du « laisser pour compte » dont souffre souvent celui du milieu.

Alors c’est quoi le soucis ?

Sans réellement que ma mère ma l’avoue, j’étais le « préféré ». Non pas plus aimé, ni plus gâté que les autres mais ma mère fondait en moi tout ce qu’elle pouvait offrir aux « regards des autres » !
En fait ma mère mettait en moi tous les espoirs de réussite pour combler ce qu’elle n’a pas pu faire (études, piano, …) et surtout parader devant ses amies avec du « mon fils vous savez, il fait, ça, ça et ça ».
Vous allez me dire « oui mes ce ne sont pas de bons amies », les connaissant (à part peut-être quelques unes), je ne dirais pas cela. Mais comme tout le monde se vente de qu’il y a de meilleur dans leur vie, leur boulot, leurs enfants, négligeant les défauts, minimisant les côtés obscurs de leur comportement et les « couilles dans le potage » de leur vie de couple, elle voulait montrer que « elle aussi » avait tout cela !
Ben oui on n’était pas riche, pas de vacances à l’étranger, pas ceci ou cela « comme les autres ».

Alors avec mon caractère « mouton », calme, gentil, obéissant, qui « réussissait » dans ses études ou ses projets… Hum, on peut parler de mes redoublements ? Du fait que mon boulot et à 1000 lieux de mon super BAC + 4 ? Hein ?
Etre le « chouchou » de la famille, celui sur lequel on compte, qu’on précise être « là quand il faut », ça pèse ?

Oui et non, maman n’est plus là pour me l’infirmer our me contredire.

Au final, ais-je fait des études longues pour lui faire plaisir ? Oui en partie je pense car je ne savais pas quoi faire de toutes manières, pourtant autant mon frère que ma soeur sont partis dans le monde du professionnel rapidement. En ont-ils honte ? Du tout et moi non plus…
Et ce n’est que l’un des côtés que j’évoque, elle mettait en moi tellement de rêves, d’espoirs, de conseils qu’en étant adulte j’ai peur d’en faire autant.

Pourtant non ! Car je ne suis pas seul à élever mes enfants. Et s’ils veulent devenir pianiste, avocat, plombier, astronaute, boulanger, marin ou militaire, s’ils veulent vivre à 200 mètres de chez nous (non à 30 ans les « tanguy » on les fout dehors mouahahha, enfin bien que, on verra bien mdr), à Paris ou en Australie, du moment que ces LEURS choix, LEURS rêves ou LEURS envies, sur le coup ou toute la vie, pourquoi devrais-je leur dire « non reste à côté de Papa et Maman » ?

Ma femme et moi on l’a vécu cela, ne pas pouvoir changer de région pour être présent pour notre mère respective. Encore maintenant parfois on a des vues pour s’expatrier dans un « pays » qui nous tient à coeur, celui de ma naissance : la Bretagne ! Mais il existe tellement de chaînes et de boulets (et non pas de fausses excuses) nous retenant ici… Soupir !

Tous les jeudis (ou presque), ça causera « éducation » sur WonderMômes, c’est ma participation à son rendez-vous !

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Papa Blogueur

Blog d'un papa de la métropole lilloise.

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