Cet article est un article invité écrit pour l’opération 6 blogs, 6 personnalités, 26 jours organisé par Kategriss de aventure-personnelle.

Cet écrit très personnel, très prenant et très sentimental a été écrit par Cédric VIMEUX du blog www.Virtuose-Marketing.com.

Je le remercie sincèrement de s’être ainsi livré à mes lecteurs. Je ne doute pas que cela fut chose très facile. Mais d’un autre côté, peut-être aussi un soulagement, une manière de se libérer d’un poids qu’il avait sur le coeur. Je ne le connaissais pas comme cela et à mon avis et je voulais le féliciter des efforts qu’il a pu faire avec l’arrivée de son bébé. Il y a tellement de parents qui abandonnent leurs enfants à l’autre en cours de grossesse ou à la naissance par peur et manque de courage… 

Le jour de sa naissance, mon fils m’a sauvé !

Je ne serais rien aujourd’hui, s’il n’avait pas été là. Je vais vous expliquer pourquoi, mais pour cela, je dois avant tout vous parler de qui j’étais avant lui. Surtout que…

Je n’étais pas quelqu’un de bien !

Voici pourquoi :

Arrongance, folie et destruction

Quand j’avais 20 ans, j’étais arrogant, dérangé, et « spécial ». À tel point que je me suis mis à dos tout mon entourage.

Je me suis fâché avec toutes les personnes qui m’aimaient le plus, et qui ne voulaient que mon bien. Mes professeurs d’Université. Mes deux amis d’enfance. Tous les autres. Mes propres parents. Et même la fille qui partageait ma vie depuis 5 ans, celle que j’aimais, et que je rêvais d’épouser.

Toutes ces personnes m’ont abandonné. Ou peut-être est-ce moi qui les ai abandonnés ? Je ne me souviens plus…

Ce dont je me souviens, par contre, c’est que j’ai réussi à tout briser. Rapidement. Sans demi-mesure. Parce que quand je fais quelque chose, je le fais jusqu’au bout. À fond !

Pourquoi ne gâcher sa vie qu’à moitié quand on peut faire l’exploit de la ravager entièrement, en quelques jours à peine ?

Je viens d’une génération d’écorchés. Éduqué dans mon enfance par les combats sanglants de Seyar et de San Goku (merci Dorothée), et bercé dans mon adolescence par les cris délurés de Jim Morrison et de Kurt Cobain (merci à vous aussi.)

Quand on se s’intéresse qu’à la destruction et au chaos, on n’obtient dans sa vie que destruction et chaos. Il ne peut en être autrement. La preuve :

Autobiographie d’une décadence

Après que la majorité des gens que j’aimais aient décidé que je n’étais pas assez bien pour faire partie de leur vie, je suis devenu une sorte de fantôme. Et je le suis resté pendant près de 10 ans…

Je n’étais même pas l’ombre de moi-même – celle-ci m’avait déjà fui depuis longtemps. Horrifiée, elle aussi. Comme tous les autres.

Que s’est-il passé durant ces 10 ans ? Rien. Ou plutôt… Rien de bien !

J’ai été sans domicile fixe pendant près d’un an. Puis on m’a proposé d’aller sauver le monde – ou de le détruire – en faisant mon Service Militaire au 6 RHCM. C’est-à-dire au 6e Régiment d’Hélicoptère de Combat et de Manoeuvre… ou plutôt le 6e Régiment de Hashich, Cannabis et Marijuana. 😉

J’y ai aussi suivi une formation très poussée en alcoolisme. D’ailleurs, j’étais un excellent élève dans cette matière. Le meilleur, peut-être…

Attentif et travailleur, je faisais mes devoirs tous les soirs. Des litres et des litres. Parfois plus.

Pourquoi ne boire qu’un ou deux verres quand on peut tenter un coma éthylique ? C’est bien plus fun, non?

Et puis, vous me connaissez maintenant : quand je fais quelque chose, je le fais jusqu’au bout. À fond !

Et après l’armée ?

Je suis retourné vivre dans l’appartement gratuit et spacieux que j’occupais deux hivers plus tôt. C’est à dire… la rue.

Bon… ne disons pas que j’étais SDF, c’est parfois réducteur. Disons plutôt que j’étais… Nomade. Oui, j’aime bien, ça. Nomade. Ça fait cool !

Et puis, vous savez, quand on a suivi une formation poussée en alcoolisme, on connait alors pas mal de techniques secrètes pour réchauffer son corps pendant l’hiver. Et je peux le dire aujourd’hui : j’ai rarement eu froid !

Un aspect de ma vie s’était quand même amélioré : je n’étais plus seul. La métisse la plus gentille et la plus belle de la planète avait pris la décision bien étrange de… tomber amoureuse de moi.

Du coup, vous vous posez certainement ces 2 questions : Quand suis-je sorti de la rue? Et comment?

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Réponses : j’en suis sorti un an plus tard, en trouvant un emploi à temps partiel dans un vidéo-club.

Et Alexandrine, la jolie métisse ? Malgré le fait que j’étais SDF… enfin, nomade… que je n’avais pas un rond, et j’essayais de me suicider à l’alcool… elle était toujours là 🙂

Alors ? Est-ce que le fait que je trouve un emploi, que je sorte de la rue, et que Alexandrine soit toujours là m’a permis de changer, de m’améliorer, et d’évoluer ? Et bien…

Pas vraiment, en fait !

Voyez par vous-même :

Je gagnais à peine de quoi vivre. Je ne cherchais pas de second emploi, et encore moins un autre. Je n’avais aucun projet d’avenir. Et pire encore…

Arf… J’ose à peine l’écrire. Allez, je me lance :

Aimeriez-vous savoir ce que je faisais de mes journées ? Après tout, quand on travaille à mi-temps, on a beaucoup de temps libre, pas vrai ?

Voici ce que je faisais :

Alcool, trash métal, jeux vidéo, et quelques écrits à la poubelle

Je picolais. Je cuvais. Je jouais à World of Warcraft. J’écoutais du Trash Métal. Je picolais. Je cuvais. Je regardais des mangas. Je picolais encore. Et je cuvais de nouveau.

Parfois, lorsque l’inspiration avait la gentillesse de passer sous la porte et de me rendre visite, j’écrivais alors quelques chansons, et un ou deux poèmes… J’y parlais de chaos et de désolation, bien évidemment. Et puis, je picolais de nouveau. Je cuvais. Je relisais mes écrits. Je me disais qu’ils étaient nuls. Alors je les jetais.

Je ne m’en rendais pas vraiment compte à l’époque, mais je souffrais. Pourquoi ?

Parce qu’on ne peut pas être heureux quand on s’enfile 4 bouteilles de Pastis et 5 packs de 24 bières par semaine.

Parce qu’on ne peut pas être heureux quand les semaines défilent en alternant « jour où je picole jusqu’à en tomber parce que dès je bois un verre, je ne sais plus m’arrêter » et « jour où je dors toute la journée parce que j’ai bu pendant 8 heures non-stop hier, et aujourd’hui je cuve. »

Et parce qu’on ne peut pas être heureux quand on a les yeux constamment rivés vers les périodes sombres de son passé, au lieu de regarder devant soi, vers l’horizon, et le futur.

Vous croyez que j’avais touché le fond ? Non, pas encore.

Voici comment ça s’est (encore) empiré :

On m’abandonne de nouveau…

Au début de l’année 2007, on m’abandonne de nouveau.

Cette fois-ci, c’est ma patronne qui me vire. Elle me licencie. Oh, pas à cause de l’alcool, je vous rassure, mais pour raisons économiques. Les gens ne vont plus dans les vidéoclubs pour louer des films. Ils les téléchargent directement sur Internet, sans bouger de chez eux. N’est-ce pas ? 😉

C’est ainsi que durant l’année de mes 30 ans, je me suis retrouvé au chômage. Sans avenir. Sans projet. Et sans motivation. C’est un peu comme quand j’étais à la rue. À la différence prête que j’avais maintenant des factures à payer

Et là, devinez un peu ce qui m’arrive ? Deux semaines après mon licenciement, ma belle Alexandrine m’annonce qu’elle est enceinte.

Est-ce que cela m’a boosté ? Est-ce que cela m’a changé ? Est-ce que je me suis dit qu’il fallait que je reprenne ma vie en main ?

Non. Rien de rien.

Au contraire d’ailleurs !

Si vous m’avez trouvé débile et sur le mauvais chemin jusqu’ici, alors lisez la suite… C’est pire !

Tout en bas de l’échelle sociale…

Durant l’année 2007, j’ai sombré plus violemment que jamais dans la déchéance. Je picolais deux fois plus qu’auparavant. Seul. Enfermé dans une pièce sombre, aux volets clos. Enfermé sur moi-même.

Mes finances ? Elles étaient au plus bas. Mon banquier commençait même à me menacer. Mais je m’en fichais…

Pire, je n’avais presque plus de vie sociale. Imaginez un peu : je passais 15 à 20 heures par jour à jouer au jeu en réseau, World of Warcraft. Sans bouger de ma chaise. Dans une pièce obscure. Puant le tabac froid, et l’alcool.

Résultat ? J’ai grossi de 12 kilos en 8 mois !

Parce que je ne bougeai plus de la pièce dans laquelle je m’étais enfermé. Parce que je ne faisais plus aucune activité physique – je restais assis devant mon PC, à jouer à World of Warcraft. Parce que j’ingurgitais des quantités astronomiques d’alcool, à en tuer un éléphant.

Au total, pendant mes 10 années de « mode fantôme », j’ai pris… 30 kilos :'(

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Je vous l’ai déjà dit : quand je fais quelque chose, je le fais à fond. Jusqu’au bout !

Et puis, c’est là qu’il s’est passé l’événement le plus important de ma vie. Celui qui a bouleversé à jamais mon existence. Et que voici :

Un ange a déployé ses ailes

Le 15 Octobre 2007, j’ai rencontré un ange. Il mesurait 46 cm et pesait 2 kg 960. Nous l’avons appelé Mathys, mon fils.

Son arrivée fut pour moi un véritable électrochoc. Autant dans ma tête que dans ma chair. Et même dans mes os. Jusqu’au plus petit filament de mon être.

Je ne sais pas comment exprimer ce sentiment intense – et tellement bon – que j’ai ressenti lorsque j’ai vu mon fils pour la première fois. Je crois sincèrement qu’il n’existe aucun mot pour exprimer cet amour, ce choc émotionnel qui a secoué tout mon être.

Comment vous faire ressentir ce choc ? La meilleure façon, la voici :

Levez-vous. Allez dans votre cuisine et ouvrez le tiroir aux fourchettes. Prenez-en une et cassez les dents pour n’en garder que deux. Cherchez une prise électrique…

Vous en voyez une ? Parfait !

Maintenant, insérez-y la fourchette par les 2 dents restantes. Vous devriez être un petit peu secoué. C’est normal.

Imaginez maintenant une secousse 1000 fois plus puissante… et vous serez encore très loin du choc qui m’a secoué.

On dit souvent qu’un enfant change la vie. Je dirais plutôt qu’un enfant DEVIENT notre vie.

Et vous savez ce qui m’est arrivé alors ? J’ai eu un projet d’avenir. Mon premier. Pour la première fois depuis mes 30 ans d’existence, je regardais vers le futur, et ma vie en fut bouleversée…

Quel était ce projet d’avenir ?

Ce projet, le voici : devenir un père exemplaire, et tout mettre en oeuvre pour rendre ma famille la plus heureuse possible, et pour qu’elle n’ait plus jamais à se priver.

Je me suis donc mis à chercher, et à réfléchir à mon avenir. Qu’est-ce que je pourrais bien faire ? Comment rendre ma famille heureuse ? Comment ne plus avoir de problèmes d’argent ? Comment faire pour que mon fils obtienne le jour tout ce dont il a rêvé la nuit ? Qui dois-je devenir pour être quelqu’un bon père ? Et un bon amant ?

La solution m’est apparue quelques mois plus tard, lorsque j’ai vu une vidéo de Christian Godefroy. Cette video : http://www.youtube.com/watch?v=wy3hJPUZd_Q

Dès lors, je me suis intéressé au Marketing Internet, et au Développement Personnel.

En quelques mois, puisant ma motivation dans le sourire de mon fils, et ses grands yeux bleus, j’ai construit une petite affaire indépendante et lucrative, sur Internet. Une affaire qui nous permet, ma famille et moi, de vivre aujourd’hui décemment. Sans avoir à nous priver. Et en passant un maximum de temps ensemble.

Mon rève !

Mais ce n’est pas tout…

Dans le regard de mon fils, j’ai puisé la motivation nécessaire pour :

  • arrêter de fumer
  • arrêter de boire
  • me remettre au sport
  • perdre du poids
  • apprendre le webmarketing, le copywriting, et bien d’autres disciplines,
  • … et bien d’autres !

J’ai encore beaucoup d’efforts à faire sur moi-même. Je suis encore très loin d’être le père et l’amant idéal que je veux devenir. Mais j’y travaille. Et je suis plus que jamais motivé à réussir.

Tout cela pourquoi ? Tout cela parce que depuis 4 ans maintenant, j’ai détourné mon regard du passé, pour le river vers la seule chose que je peux modeler à ma guise : mon avenir.

Parce qu’un beau jour, un petit ange nommé Mathys, mesurant 46 cm et pesant 2 kg 960 s’est invité dans ma vie… Et m’a donné la chance d’être son père.

Que puis-je dire d’autre ? À part…

« Je t’aime Mathys. Et merci de m’avoir sauvé ! »

PS:

Cet article sort clairement de ma ligne éditoriale. Et il est aussi bien plus long. Mais, puisque Franck m’a fait le plaisir de m’inviter sur Papa-Blogueur, je ne pouvais faire autrement que de rendre honneur à celui qui m’a mené là où j’en suis aujourd’hui : mon fils !

Parce qu’en fin de compte, être un papa blogueur, c’est avant tout passer du temps avec ses enfants. Et leur donner le meilleur de nous-même. C’est puiser dans leurs rires – et même dans leurs larmes – la force et la motivation de toujours faire davantage. De s’améliorer. De toujours avancer. Et de chercher, au plus profond de nous-même, ce que vous avons de mieux à leur offrir.

Crédit photo : http://www.sxc.hu/photo/1218762

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