happy housewife le blog

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Séverine tiens un blog (http://www.happyhousewife.fr/) et c’est une mère au foyer. Je n’avais pas envie de l’interviewer sur son blog et sa vie, mais plutôt sur son point de vue sur l’allaitement. Pourquoi ? Il n’est pas toujours facile de traiter de ce sujet sans rentrer dans les polémiques des un(e)s et des autres. Ma femme a allaité mes trois enfants, pas assez longtemps à son goût pour chacun, mais au moins ils ont eu le minimum pour un bon départ.

Séverine, elle allaite depuis de long mois. Son ressenti est donc complètement différent du mien et c’est en cela que je voulais qu’elle vous parle de son expérience.

Bonne lecture.

Quand mon fils est venu au monde, il était évident que j’allais l’allaiter. Je voulais le meilleur pour lui et j’étais certaine qu’il s’agissait du meilleur pour moi. Après neuf mois passés dans mon ventre, nous ne pouvions pas couper le cordon aussi vite, et notre fusion allait se prolonger grâce à l’allaitement. Et je dois bien l’avouer, avant de savoir ce que c’était, je n’aurais jamais pu imaginer un centième des sentiments de bonheur, de partage et d’amour que cela pouvait procurer.

Mais avant de pouvoir mesurer la satisfaction qu’engendre l’allaitement, il m’a fallu passer par des moments moins roses. Ces moments, certaines mamans n’auront jamais à les traverser, heureusement. Moi j’ai plutôt fait partie des gâtées (ndrl : c’est complètement ironique, Séverine en a bavé à la limite du supportable parfois) : crevasses, croûtes et saignements ont partagé mon quotidien pendant certaines périodes.

La douleur insupportable, la fatigue de la césarienne et l’absence d’aide les premiers mois (parents et amis éloignés, mari qui travaillait au côté d’un ministre) auraient pu avoir raison de moi. Mais j’ai tenu bon, convaincue des bienfaits de l’allaitement, pour lui (pour nous) et aussi un peu par défi.

Hormis depuis une centaine d’années, dans l’histoire de l’Humanité les femmes ont toujours réussi à allaiter, alors pourquoi pas moi ?

Heureusement, j’ai eu des alliés. Pendant plusieurs semaines nous avons été inséparables et je dois bien le dire, ils ont sauvé mon allaitement. Je parle des bouts de sein en silicone. Ces petits accessoires, parfois diabolisés par les professionnels de l’allaitement, ont été indissociables des tétées pendant les six premières semaines.

Puis, nous nous en sommes débarrassés de façon naturelle, mon bébé les a d’abord refusés la nuit et une semaine plus tard, il ne les voulait plus le jour. Il savait enfin téter et moi je n’avais plus mal.

Mon fils a fêté le mois dernier ses dix-huit mois (ndlr : en 2011, petit retard sur la publication de l’article, désolé) et il tète toujours. Pour son plus grand bonheur et le mien. Certes, le nombre de tétées a diminué, ce qui est moins contraignant, mais le partage est différent, plus complice et plus drôle aussi (les fous rires en pleine tétée sont fréquents).

Aujourd’hui, l’allaitement se fait les yeux dans les yeux, remplis d’amour et de réconfort. Heureusement que j’ai tenu bon !

>> Curieux de nature, j’ai posé quelques questions supplémentaires à Séverine.

– Est-ce ta décision personelle d’allaiter ou celle de ton couple ?

Au départ, allaiter a été un choix commun. Nous en avons parlé ensemble et cela nous a semblé être le meilleur pour notre enfant. Il n’était pas prévu que l’allaitement dure 18 mois mais finalement cela s’est imposé comme la façon la plus naturelle dont les choses pouvaient se passer…

– La distance de ton entourage n’aidant pas, as-tu trouvée de l’aide sur des blogs ou forums sur Internet ?

Heureusement qu’Internet existe ! Les blogs et les forums ont été mes meilleurs alliés, avec la lecture de certains bouquins. C’est une des raisons pour lesquelles j’ai souhaité partager mes quelques connaissances dans le monde de la blogosphère.

– Séverine, tu nous parles de ta volonté de poursuivre ton allaitement malgré les petits soucis que tu as rencontré (je parle de petits car certaines femmes en rencontrent de bien plus gros comme des infections, je ne voudrais pas les dénigrer), comment a réagit ton entourage face à ton opiniâtreté ?

Face aux difficultés rencontrées, mon mari s’est montré patient et ouvert : il me disait que la décision de continuer (ou pas) m’appartenait, si c’était trop difficile, je pouvais arrêter ; et quand j’avais besoin de courage, il me reboostait ! Les autres personnes de mon entourage n’ont eu vent de ces problèmes qu’une fois ceux-ci résolus… Personne n’allaitait autour de moi, personne n’aurait pu comprendre donc.

– A-t-on critiqué négativement ton choix d’allaiter même dans la douleur, et si oui, comment l’as-tu pris ?

Mon allaitement a été critiqué les premières semaines en ce qu’il m’empêchait de “couper le cordon” avec mon fils. Selon moi, le cordon n’a pas à être coupé avant de longs mois (voire les trois premières années), alors je n’écoutais pas les critiques…

– Que penses-tu de la “grande têtée” ? Y as-tu participé ? Si oui tes impressions.

Je n’ai jamais participé à une grande tétée. J’en pense du bien en ce qu’il fait parler de l’allaitement et je déplore que les allaitantes passent un peu pour des illuminées. Si je n’y vais pas c’est peut-être tout simplement parce que je ne connais pas d’autres allaitantes, mais aussi parce que de manière générale, les manifestations de ce genre ne sont pas trop ma tasse de thé… Je préfère oeuvrer autrement, par mon blog, par exemple.

Merci Séverine pour ce moment d’intimité.

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2 comments

  1. Merci Severine pour ce témoignage, moi aussi les bouts de sein en silicone m’ont été très utiles (j’en parle d’ailleurs dans mon billet d’aujourd’hui), et merci PapaBlogueur pour cette ITW et les questions “bonus”