BadFather : le plaisir honteux de voler la nourriture de son fils !

bad father

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Je suis un #BadFather (quoi tu sais, non mais oh, mon gant dans ta figure oui) ! Et pour la seconde (troisième ? Je sais plus), je participe à l’opération du vendredi #badmother version homme de chez FoxyMama et Maud !

Entrons dans le vif du sujet… Chacun de nous à la maison a ses goûts et ses couleurs question plats, confiseries, gâteaux mais aussi fromage.

Mr Grand adore le camembert (coulommiers et brie associés), gare à moi si j’oublie d’en ajouter à ma liste hebdomadaire de courses rattachée au menu de la semaine.
Melle petite c’est assez varié, mais plutôt gruyère, emmental, toastinette et fromage à tartiner.
Et Mr Moyen, aaaaah Mr Moyen ! Les seuls fromages qui, à ses yeux, valent le détour, se sont les fromages tranchés !

A la fin du repas, il en pose cette feuille de lactose travaillée sur un pose-plat lisse et avec son couteau il commence un manège expert de coupe et découpe. On peut lui parler, du haut de ses 5 ans, il ne répondra pas ! Il nous ignore, nous snobe, nous boude même voire grogne comme un ours mal léché si cela l’ennuie vraiment. Car, voyez-vous, c’est tout un art de concentration, que de réaliser ce vitrail de gourmandise, hein !

Mais voilà, un soir, Papa Blogueur bloguait devant l’écran plat en fonctionnement. Et à la télé il passe de nombreuses choses, des bonnes, mauvaises, amusantes, charmantes, dépaysantes, navrantes et parfois bougrement très caloriques !

Des plats goutteux, dégoulinants de fromage et de jus, d’oignons frits, de viandes grillées pendant 12h00 à la braise de bois parfumés, de bacon croustillants longs comme ma main, de sauces succulentes élaborées par l’aïeul dans les années 40, de mélanges de légumes atypiques… Des menus purement américains qu’on ne retrouve pas en France ! Et où nos versions MacDo et Menphis Coffee font attitudes d’édulcorants diététiques pour ado en carence de protéine. Des hamburgers grands comme des assiettes où se superposent un maelstrom d’ingrédients qui nous font mieux comprendre l’obésité présente aux Etats-Unis…

Mais comment résister devant cet afflux de nourriture typiquement masculin, comme ces hot-dog surdimensionnés, composés de saucisses fumées, ou grillées, à l’eau ou à la poêle, cachés par une revêtement de 3 sortes de fromages hachés, en miette ou en toastinettte, d’oignons crus en rondelle, de chili encore fumant et d’une sauce secrète épicée, surmonté parfois d’un ou plusieurs oeufs au plat, en omelette ou brouillés. Le tout accompagné d’un panier en osier, dont le fond de papier absorbant sert de fin matelas à une plâtrée de frites maison dorées à point !

Et le clou est enfoncé au moment ou l’animateur, habitué de ses rencontres gustatives de l’Amérique profonde, nous montre son plaisir par mimiques interposées, de paroles bipées traduites softement, de signes du pouce vers le haut, avec une bonne rasade de bière à la bouteille…

C’est donc lors d’une de ses soirées tardives à l’extrême, dont le mâle, moi, occupait, comme traditionnellement le fauteuil préféré de Mr Grand en journée, l’ordinateur sur les genoux pour vous servir, craqua !

D’un bond digne d’un athlète grecque au corps musclé par l’habitude du métro/boulot/dodo de nos années high-tech, je filais en cuisine pour ouvrir le coffre de métal gris brossé acier dénommé réfrigérateur !

Et mon dépit doucha rapidement cette fringale venu d’occident via écran interposé. Le frigo du lundi montra son indigne ventre vide où le reste d’une salade à moitié fanée tapait la discute avec les compotes en pot sans sucre ajouté des enfants. En peine mais encore galvanisé par les effluves imaginaires des ces émissions diaboliques, une flexion de genoux faisant craquer les rotules, mon regard se posa sur le Graal salvateur du frigo, la boîte à fromage !

Au centre de celle-ci, à côté du dernier morceau de chèvre rassi, de deux portion de Kiri aplaties que plus personne ne veut et d’une boîte de maroilles sentant trop fort pour être honnête, l’emballage de Leerdammer 8 tranches jaune et transparent accapara tout l’espace disponible de mon cerveau. Et à la manière d’un Homer Simpson, ma bouche s’ouvrit doucement, mes yeux se rétrécirent et un mot venu du fond caverneux de ma gorge atterrit dans le silence nocturne ponctuée des bruits du moteur du frigo et de la chaudière : « Frommmaaaggee ! ».

Une main fébrile s’empara de l’emballage pour constater qu’une seule tranche miraculée somnolait paresseusement dans la cavité plastifiée. Tel un rapace surprenant sa proie badinant négligemment dans l’herbe verte printanière, mes doigts crochus arrachèrent le fruit de mes investigation nocturnes pour le déposer avec douceur entre 2 tranches de pain de mie maxi-large spécial sandwich de marque Auchan, agrémenté d’un soupçon de moutarde forte. Puis, avec une concupiscence inavouée, je déposais mon fardeau, lourd de futurs reproches, dans le grille-pain rallumé de sa nuit interrompue du mode économie d’énergie.

L’odeur accablante de honte envahit alors mes narines, tranchant net le sentiment malsain qui commençait à m’habiter. Une poignée d’un temps insoupçonné passé, d’un mouvement souple du poignet, une feuille de papier absorbant fut pliée en deux pour recevoir en dépôt jouissif, le pain grillé salvateur de ma fringale de minuit.

Et là, l’extase emplit mes sens. La première bouchée !

C’est la seule qui compte vraiment, celle qui donne tout le sens à cette affairement sans heure. Ce moment suspendu dans le temps d’une cuisine baignée timidement par la lumière lunaire blafarde, transposée à travers les voiles des rideaux arachnéens, tel un fantôme ancestral témoin de cet acte si intime et en même temps si accusateur, d’un laisser-aller purement émotif et égoïste.

La première bouchée emplit déjà les sens à l’idée même de créer ce repas frugal, afin d’apaiser un esprit empêtré de tableaux gustatifs de plats hors de portée.

La première bouchée commence au moment même où les dents rencontre la mie croustillante, et pourtant décevante pas sa simplicité, pour atteindre trop rapidement le contenu d’or fondu légèrement relevée d’une pointe ocre, et dont la chaleur se répand sur le palais, faisant naître des sentiments imaginaires dont le seul but est de construire un palliatif d’un désir réellement inassouvi et frustré.

Puis la vulgarité du bruit de mastication emporta avec lui l’instant impudent de cette première bouchée avide et déjà oubliée, d’un plaisir faussement instinctif d’un ventre qui n’a pas réellement faim. L’homme savoure néanmoins l’en-cas impulsif afin de faire disparaître toutes traces de l’inconcevable, du pêché accompli, jetant après coup d’un air désolé et dépité, un pincement au coeur, l’emballage plastifié du fromage préféré de son second fils…

 

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41 comments

  1. Mais, mais, mais !!! Tu devrais avoir honte ! Retirer ainsi le fromage de la bouche de ton fils à l’insu de son plein gré !! Je suis choquée, triste pour ton moyen, qu’a-t-il fait pour mériter ça ????

    • pour m’excuser je dirais que le lendemain soir je faisais les courses au Drive et de retour AVANT le dîner donc Mr Moyen a quand même eu son fromage ha ha !

  2. Pingback: On remet ça ! #BadFather #16 | De Quoi Je Me Mél ?

    • c’était juste un tout petit peu fait exprès, et encore j’ai hésité à mettre la vidéo

  3. Mais quel mauvais père vraiment o.O
    Ôter le pain de la bouche de ses enfants ! Est-ce que je mange les gâteaux de ma fille moi hein hein ?
    Heuuu oui

  4. Mais quel acharnement ! LOL
    Bah je ne te jetterais pas la pierre, parce que bon les émissions culinaire ça donne trop faim et quand la fringale arrive je suis du genre à piocher dans les « affaires » des garçons !
    Ben quoi ?

  5. Rhoooo c’est vilain !
    Bon ok j’en aurais fait autant avec l’assurance de me réapprovisionner le lendemain.

    Mais c’est mal quand même :p

    Perso je pense plus piocher dans ses boudoirs dès qu’elle aura des dents, je ne sais résister à ce crissement sec lorsque tu le croque puis cette douce saveur de sucre qui fond sur le palais…

    Bon maintenant qu’est-ce que je vais grignoter en attendant la pause dej… -_-

    • oui je le savais que le lendemain il y en aurait mais parfois le drive me sort qu’une partie de ma commande n’a pas pu être honoré et là, j’aurais eu la haine !

    • merci à vous pour ce rdv, tu connais le mien au fait ? Les jeudis hight tech de papa blogueur :
      Chaque jeudi je vous propose un article high-tech familiale. Pour participer à votre tour :
      – Écris un billet sur le sujet
      – Tu places un lien vers ma rubrique Papa Geek
      – Je mets un lien en retour vers ton article

  6. Mère Débordée

    Tu m’auras bien fait rire. Et ma fille aussi ^^

  7. Chez moi Fiston mange une tranche de pain (sans rien dessus en plus) tous les matins pendant que je m’enfile, au choix, des pains aux lait à la Nutella, des Chocapic ou encore des chaussons aux pommes…
    Bref le trop gras, trop sucré, trop salé c’est… pas pour les enfants :P

  8. T’as pas honte ;-) ? triple LOL
    Crapouille lui c’est le Kiri ou les toastinettes qu’il adore !
    Bisous

  9. J’ai fais pareil hier, avec les gouters Kinder Délice… Pauvres enfants, ils ne sont pas gâtés avec des parents comme nous :)

  10. Ouh mais tu n’es pas très gentil comme papa ;) Ca méritait bien un article Bad Father tout ça !!!
    En tout cas comme d’habitude tu écris très bien, on a l’impression d’être dans un roman !

    • super merci pour le compliment il me reste les 425 autres pages à écrire maintenant O_o

  11. Piou

    Mouahahah!! Trop foooort ! !
    Je découvre ton blog (grâce à Mél) et j’avoue que je suis ravie de constater qu’il y a au moins un Papa qui reconnaît sa bad attitude ! !
    Je suis Maman de 2 petites filles et, bien entendu, Papa est un super-héro, donc naturellement proche de la perfection …..hum, hum, hum (excuse moi, je m’étouffe ! ! ).
    Quand les miennes sont au lit et que j’ai une envie soudaine de chocolat, je pique dans leur réserve. . . c’est pour leur bien, tu comprends, c’est autant de calories qu’elles n’ingèrent pas ….;p

  12. Que celui qui n’a jamais piqué dans l’assiette de son enfant soi-disant pour vérifier si c’est assez chaud te jette la première pierre.

    C’est malin, maintenant j’ai faim et pas une cahouette à me mettre sous la dent… je ne te remercie pas. (Enfin, si un, peu ; j’ai passé un super moment à lire ça.)

  13. Plutôt érotico-culinaire ton récit. On voit bien que tu y as pris du plaisir à improviser ce petit croque

  14. Pingback: Bobooooo #Bad Father! | BigMama

  15. bigmama

    mouahahahah jme marre toute seule en te lisant
    je chourre aussi la nourriture des filles !! jsuis grande j’ai besoin de force -)

  16. Pingback: Bad Father lui aussi [Bad Mother #7] | Mère Débordée, mode d'emploi

  17. Déculpabilisation alors… J’attends qu’ils soient partis à la douche pour m’empiffrer de Smarties pour éviter de devoir partager… Et je vole leurs Blédilactés semoule au lait…

    Yeah… Bon ceci dit j’aime pas du tout le fromage, il a été dur à lire pour moi ton article… Mais j’ai ri, quand même ;)

  18. tu m’as tenu en haleine jusqu’au bout pour savoir quelle tranche serait dévorer ;-)
    et le lendemain il se rappeler M. moyen qu’il lui restait une tranche ?

    • non problemo, le midi il est à la cantine et le soir je revenais avec les courses du Drive

  19. diamanta0801

    loool :) J’adore :)

  20. Pingback: PapaPanique On Air – Le parent pas parfait c’est qui ? | Papa Panique