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Une situation peut en cacher une autre : savoir écouter avant de réagir

Parler pour que les enfants écoutent, écouter pour que les enfants parlent

Parler pour que les enfants écoutent, écouter pour que les enfants parlent” notre livre de chevet (enfin normalement) du moment. Suite à un planning de ministre  nous avons du faire une pause dans l’étude de ce livre et cela se ressent malheureusement. Nous avons donc prévu de reprendre cette semaine les méthodes d’éducation avec empathie et sans cri à la maison. Et aussi voir, par ailleurs, pour une formation “live” faber et mazlish près de cher nous.

Afin de mieux faire connaître cette manière d’éduquer les enfants sans violence et avec empathie, je vous présente à nouveau, un cas pratique d’une situation vécue “at home” cette fois-ci.

>> Une situation peut en cacher une autre : la situation, les réactions

Un cri provenant du salon déchire soudain une discussion parentale située dans la cuisine suivit de pleurs et d’un borborygme incompréhensible du style “ssant mapi mon oué maal !” entre 2 séries de larmes.

Solution 1 : hurler depuis la cuisine en accusant le grand d’avoir (encore ?) volé/emprunté (de force ?) le jouet de son frère et de le priver sans compromis de console pour la journée… et ne rien faire d’autre pour celui qui pleure.

Solution 2 : se précipiter au salon toutes griffes dehors, reprendre la solution 1 et ne s’occuper que de celui qui pleure en lui disant que ce n’est pas grave, que cela va passer et hop, on lui refile un jouet dans les mains et puis basta.

Solution 3 : venir au salon, examiner la scène, ne pas juger ou accuser directement. Examiner celui qui pleure (on ne sait jamais) et dire sans reproche : “Je vois 2 garçons dans le salon dont 1 qui pleure et qui et malheureux, et un autre en colère / effrayé / confus / penaud (selon…)” et attendre.

Les enfants ont des petits cœurs tout mous comme des éponges. Ils s’imbibent de sentiments aussi forts et variés que des gâteaux dans une devanture d’un pâtissier. C’est à nous des les écouter et de les comprendre pour agir en conséquence. C’est un travail dur mais méritant à terme. Les parents aussi n’y sont pas en reste, mais reste, tout comme les enfants, très incompris à ce niveau là.

>> Une situation peut en cacher une autre : le point de vue des parents

Effet de la solution 1 : on accuse sans preuve. Eh oui, Mr Grand abuse parfois (beaucoup ?), c’est aussi l’âge ! Donc, à défaut, il EST le responsable de la situation. Après tout, n’avons-nous pas compris le petit frère déclarer “Le méchant, il m’a pris mon jouet et m’a fait mal” ?
La solution rapide de la punition sur quelque chose qu’il aime est vibrante de plaisir, ainsi il ne recommencera plus, non mais ! Et puis le chialeur, il a intérêt de se taire car il énerve déjà tout le monde avec ses pleurs…

Effet de la solution 2 : on reprends le début de la solution 1 mais en plus on privilégie l’enfant en pleure. Pas besoin d’en savoir plus, un gros câlin et c’est reparti, tant pis si l’autre hurle sa colère et courre dans sa chambre en claquant la porte et cassant tout sur le passage ou presque. On peut retourner à la cuisine, on est de “supers parents”, la situation est réglée !

Effet de la solution 3 : on ne connait pas la situation mais on s’en enquérit. Un coup d’oeil permet déjà d’évaluer les blessures éventuelles et agir en conséquences. Ne pas privilégier l’un par rapport à l’autre et tout simplement décrire la situation en nommant les sentiments de chacun peut permettre à celle-ci de se résoudre avec un minimum d’aide. L’enfant en pleurs comme l’autre pourra expliquer les faits sans avoir peur de se faire gronder/punir ni que les parents prennent parti pour l’un ou l’autre.

>> Une situation peut en cacher une autre : le point de vue des enfants

Effet de la solution 1 :tout d’abord le fait d’entendre crier fait peur, surprend avec un mélange de colère, d’impuissance et de rejet en même temps. Se voir accusé à tort, d’être mis dans le sac du “tyran” ne vas pas aider, après-tout si l’on accuse toujours sans preuve avec ce comportement, l’enfant n’a aucune raison de ne pas continuer et surtout de se venger sur l’autre pour avoir été puni. L’escalade commence alors. Le grand pince le petit avant de casser la belle tour qu’il vient de faire en passant en trombe pour se réfugier dans sa chambre. Sous les cris de ses parents qui le sonne de descendre s’expliquer, s’excuser et tout ranger. Le blessé par la non-assistance, se sent abandonné et en colère contre son frère et pensera à se venger à son tour. Il hurlera de plus belle et pourra, à son tour se faire punir parce qu’il agace…

Effet de la solution 2 : même scène qu’au-dessus, sauf que le blessé sera consolé. On pensera que “c’est bon”, mais non. Pourquoi non ? Voilà, en fait l’enfant n’a pas été compris. C’est surtout qu’il aura été traité en “victime” et continuera de se prendre pour une victime dans d’autres situations semblables… Il peut avoir l’impression qu’on se débarrasse de lui avec un câlin et se rebiffer alors d’autant plus, le parent n’en comprendra pas la réaction et pourra s’énerver et le laisser en plan, voire pire. Le premier pensera que son frère est un privilégié et lui réservera le chien de sa chienne plus tard, quitte à se faire punir, c’est une situation sans fin à terme.

Effet de la solution 3 : les enfants ne souffrent pas de se faire punir à tort ou raison ? Dans une relation bienveillante, Haim Ginott, mentor d’Adele et Elaine, disait qu‘il n’y a pas de place pour la punition, les parents les écoutent. Ils leur donnent le temps de s’expliquer, se mettre leurs idées en place et surtout ils se sentent compris. Les paroles douces et réconfortantes, le ton neutre et les rappels de sécurité sans reproche sont un plus. L’enfant ne se sent pas ou plus “minable” ou “imbécile” de s’être blessé, les accidents ça arrive à tout le monde. Et surtout, le processus de résolution de conflit prévient… Il permet d’éviter les autres situations semblables dans le futur puisqu’on trouve des solutions qui pourront aider dans l’avenir… Tout en sauvegardant les estimes de soi ! Et c’est beaucoup plus tranquille pour les parents…

>> Une situation peut en cacher une autre : notre réaction face à ce qui c’est passé

Il faut être franc, par habitude j’ai failli crier (solution 1), je suis donc arrivé au salon déjà dans l’idée de sermonner l’auteur du crime. Et là, j’ai attendu quelques secondes et j’ai décrit la scène comme expliqué dans la solution 3. Après un temps de silence, qui paru durer trop longtemps à mon goût, Mr Moyen nous a expliqué qu’il s’était lui-même fait mal en se cognant sur la table basse. Son frère étant à côté, on aurait pu penser que… Surtout lorsqu’il fait une tête de 6 pieds de long du style “meuh non c’est pas moi, je vous assure”…

En fait Mr Moyen, lorsqu’il pleure, n’arrive plus à s’exprimer correctement, donc ses propos sont complètement incompréhensibles. Il faut donc lui parler doucement en le regardant en face, à sa hauteur, afin qu’il nous explique ce qui se passe et ce qu’il ressent.

Nous avons regardé le bobo, mis de la crème pour les bleus, il a fait un câlin, on s’est aussi occupé du grand, puis expliqué sans accuser ni sermonner que les coins de table pouvaient faire mal. Ensuite nous sommes partis les laissant à nouveau jouer.

Malheureusement tout ne se passe pas toujours comme cela. Entre fatigue, stress et agacement, il est très facile de re-tomber dans les anciennes mauvaises actions (solution 1 et/ou 2). Cela se termine alors en crise qu’il est dur de réprimer sans heurts autant pour le coeur des enfants que celui des parents. Partir au travail avec le sentiment d’échec, d’injustice et de “il ne m’aime pas”, c’est très dur. On n’est pas parfait, mais on tente de faire au mieux.

>> “Parler pour que les enfants écoutent et écouter pour que les enfants parlent” de Faber et Matzich

 

Parler pour que les enfants écoutent, écouter pour que les enfants parlent

J’en ai déjà parlé dans la description du livre et dans un premier article de situation “live”,

Un petit rappel ne faisant pas de mal, voici le résumer du livre de la nouvelle édition”aux éditions du phare” : 

Basé sur de récentes prises de conscience en psychologie, ce livre présente des façons innovatrices de résoudre les problèmes qu’on rencontre dans toute relation parent-enfant. Il met en avant une approche lucide, sensible et respectueuse, qui entraîne moins de stress et plus de gratifications pour les parents comme pour les enfants. On y trouve des techniques à la fois concrètes, pratiques et surtout efficaces. Les résultats sont là! De charmantes bandes dessinées illustrent comment les habiletés de communication s’appliquent dans la vie quotidienne.

Broché: 347 pages
Editeur : Aux éditions du Phare (14 avril 2011)
Langue : Français

Bonne lecture.

 

Crédit photo : http://www.sxc.hu

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15 comments

  1. Merci pour cette petite mise en situation … Je ne sais jamais vraiment comment réagir dans un cas pareil … (en plus de la fatigue et de l’agacement qui font agir “de travers”) j’essaierai de le mettre en application aux prochains cris provenant de la pièce où ils se trouvent … (et un mercredi ça ne saurait tarder ;p)

    • merci pour ce retour, mais ce n’est pas toujours facile, il faut savoir rester zen surtout lorsque les deux protagonistes continuent à se chamailler, mais il faut tenter pour désamorcer la situation et leur faire comprendre qu’il n’y a pas que les coups (entre eux) pour résoudre un problème

  2. pseudo

    Merci pour ces bons conseils, il faut toujours mesurer ses réactions, car la première réaction n’est souvent pas la bonne. Et je pense que cela est valable dans de nombreuses situations, ça rapporte souvent plus de bénéfice de désarmer une situation de crise que de l’enflammer.

    A très bientôt,

  3. galie11

    Bonjour et merci pour cet article ! Je suis du genre situation 1 voir 2 … je vais tenter d’expérimenter la 3 ! Ce livre doit être fait pour moi !
    Bonne soirée !

    • ben même moi encore, je suis entres les situations 1, 2 et 3, je suis dans une période de “pas glop le papa”, entre stress et fatigue, pas toujours facile de “réagir comme il faut”… sigh !

  4. Bonsoir,
    Très bel article qui rappelle bien que les parents aussi sont dans l’apprentissage.
    J’essaie tant bien que mal d’appliquer la solution 3, mais la fatigue cumulée avec un Mini qui ne parle pas (encore) peut très vite faire dériver vers une solution 1 assez “violente”
    Le pire c’est que 75% du temps je m’en veux de ma réaction, mais je suis tellement à bout que ça part tout seul :/
    Je devrais peut être investir dans ce livre, pour avoir de meilleures bases :)

    • lorsqu’on pense autrement, on se rend compte alors de nos erreurs, c’est déjà le premier pas, ensuite faut vouloir changer mais aussi passer à l’acte et persévérer c’est pas facile tous les jours

  5. Maxime

    Ce petit article m’a fait pensé au livre sur la communication non-violente de Rosenberg ! Si vous ne le connaissez pas, je vous recommande vivement sa lecture ;)

  6. Maxime

    Je pensais plutôt à son dernier livre “Les mots sont des fenêtres” qui est vraiment top pour s’initier à la CNV.

    Voici son lien
    http://amzn.to/SUoIOv

    Vous m’en direz des nouvelles ^^

  7. Rose

    merci pour ce récap face aux conflits des enfants.J’ai fait les ateliers F&M, et j’ai le livre “rivalités et jalousies”
    Malheureusement, mon souci quand mes 2 enfants (6 et 2 ans 1/2)se disputent, est qu’ils se tappent donc j’interviens car ils se font mal mutuellement.
    Il m’est trop difficile de rester stoïque, et simplement décrire la situation…je crie donc poru les séparer, et effecivement consoler la petite…
    je sais pas trop comment en sortir…

  8. Julien

    Effectivement, la solution 3 est la plus appropriée. Bien noté dans un coin de ma tête pour prendre du recul lors de la prochaine bataille entre les enfants ! Pourquoi pas acheter le livre si je ne m’en sors pas…

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