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Le temps de déposer mon artiste de 6 printemps à son rendez-vous hebdomadaire aux arts du cirque que mes pieds m’entraînent et me traînent dans un méandre de nature, du parc boisé avoisinant.

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Bravant le froid et la pluie de ce début de printemps, je profite de ce temps à moi égoïstement et obstinément…

Marcher sans penser, découvrir des chemins, se perdre et s’affoler pour ne pas perdre pied et se retrouver, sous le regard courroucé du maître du cirque, avec un enfant esseulé.

Mais au loin les chapiteaux dressent haut leurs manteaux de jaune et de rouge, pointant vers le ciel leurs doigts fuselés, pour toujours rappeler, aux parents éloignés le tic-tac imaginaire de la montre à gousset.

Laissons le temps au temps, il en reste suffisamment pour sentir et ressentir le début du printemps. Ces odeurs enivrantes de feuilles et de fleurs sous la bruine tombante, ou relever la saveur odorante de l’herbe grasse, le craquement des semelles sur le sol caillouteux ou boueux selon la saison. Se remémorer quelques temps plus tôt ses pas amusés, tel un écolier, sur des flaques de gel, souvenirs d’Arendelle.

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Entre solitude et partage du terrain aux courageux de la petite foulée, fendant le chemin, me rendant mes sourires ou ma main levée, signe de salut en toute intimités.

Engorgé de sensations, mon regard alterne entre les pages glissant de tribord à bâbord au rythme des mots s’imprégnant dans mon esprit et le choix indécis à prendre à chaque carrefour de sentiers. L’habitude aidant, le plan des lieux s’imprègnent dans ma mémoire me permettant, le nez dans mon livre, de me mouvoir d’un point à un autre du parc.

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Au détour d’un cul de sac, une butte offre sa courbure piquetée d’arbrisseaux à ma tentation. Réminiscences de ma prime jeunesse, interdictions et regrets remontent en moi, grand sourire, mes jambes grimpes la faible côte. Sensation de jouissance fugace d’accomplir un acte répréhensible sous le regard fantomatique et peut-être amusé de ma mère enterrée.

De la vue dégagée, se fixent sur mes rétines des couples qui se cachent, coulant et roucoulant des moments heureux. Les jeux d’enfants sont abandonnés, brillants du revêtement luisant de la fine pluie de printemps. Plus loin, les coureurs qui font en sens inverse le tracet qu’il se sont fixés et j’en profite justement pour prendre dans ma carte mémoire des souvenirs de ma démarche dans ce moment rien qu’à moi.

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Je n’en oublie pas mes devoirs, mon retour est entamé. Et sous mes dents se cale le fruit défendu et croquant, rouge, jaune mais par vert, trop acidulé à mes sens aiguisés du moment.

J’ai l’impression de troubler la tranquillité des lieux à chaque détonation de mes dents sur le fruit. Le suc coule sur mes doigts, selon la variété, je me repais à petits coups de langues sur mes doigts sucrés.

Croque la pomme comme dirait l’autre, et d’un pas pressé le trognon s’enfuit dans un poubelle positionnée à la vue de tous afin de garder propre cet endroit enchanté.

Mes chaussures se traînent à la vue des couleurs chatoyantes des toiles tendues où nos micros-artistes roulent et boulent, sautent et gigotent, se balancent et jonglent pour leur plus grand plaisir.

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L’heure se termine, mon moment se perd, s’effrite, s’étiole laissant la place graduellement à mon rôle de parent. Mais ce n’est que partie remise, je salue du bout des doigts cette maîtresse mystérieuse qu’est la nature qui me tendra ses bras de bois, 7 jours plus tard, afin de renouer avec ces sensations d’homme des bois, seul au monde ou presque…

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6 comments

  1. Que j’aime moi aussi me retrouver seule avec moi-même! Vivant à Paris, il est rare que je me promène seule dans la nature, mais lorsque ça m’arrive, je savoure pleinement :-).
    Très joli texte par ailleurs :-)

  2. Hello Papa Blogueur (ou blagueur?) ;-)
    Sympa de s’offrir un cadeau pareil
    Bravo!

  3. le seul moment pour moi (sans mari) sans un de mes enfant à surveiller depuis 22 mois était une petite heure chez le coiffeur (et encore de la fenêtre je les ai vu qui me regardaient…. bon sang j’en ai besoin de temps pour moi en ce moment!!