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Mon père ce zéro !

tristess

Non ce n’est pas le nom du roman éponyme mais un lent retour en arrière sur l’absence sporadique puis continue d’un père qui même à mon âge, se fait sentir.

L’âge de la quarantaine me pousserait-il à faire marcher les mécanismes de remise en questions des “grands” qu’on ne penserait jamais atteindre étant plus jeune ? Mais il n’y a pas que cela, Stromae dans son clip “Papaoutai” a fait remuer en moi un miasme de souvenirs d’un père qui n’en était pas vraiment un à mes yeux. Si en fait, peut-être dans ma première dizaine d’années, mais ensuite…

>> Papa ce zéro !

Un père c’est quoi ? En fait, il n’y a pas de définition précise pour être un père encore moins un “bon père“.

De loin en loin que je tente de me rappeler après ma petite enfance, sa présence n’a jamais été ce que j’attendais d’un père. En tant que parent, je sais que 24h00 dans une journée c’est peu pour assembler toutes les briques nécessaire à un “bonne” vie de famille. Mais je fais l’effort de prendre du temps pour écouter mes enfants, répondre au mieux de leurs besoins, jouer avec eux et exprimer mes propres sentiments.

Avec le temps, mon père s’est muté en lâche, en vide occupant plein d’espace, en trompeur n’abusant que lui, en homme violant sur sz femme qu’il a rejeté à mots couverts, en voleur des biens qui ne lui étaient pas destinés et en ignorant volontaire de la présence des sangs de son sang ! D’un homme qui a préféré enterrer son passé que d’affronter son présent, c’est tellement plus facile…

Ode à un père que ne je connais plus…

  • Toi qui a préféré fuir par morceaux pensant que personne ne lirait dans ton jeu.
  • Toi qui a préféré t’abstenir de tous ce que les enfants attendaient de toi !
  • Toi qui a préféré jouer la carte solo aux mille excuses pensant que tes cris, ta colère et ton absence continuelle feraient un bouclier idéal aux mille questions en suspend,
  • Toi qui n’a même pas reconnu ton second fils le un jour où il venu te voir à ton boulot pour tenter de trouver ce qui lui manquer aussi… Et tu lui as répondu “t’es qui toi” ?!
  • Et enfin, toi qui a préféré les bras et l’amour d’une autre à celui que tu as brisé et éparpillé sans un regard en arrière, sans franchise pour dire “stop” !


Es-tu heureux maintenant ?
Penses-tu à nous un moment ?
As-tu des regrets de cette vie passée ?…

>> Ce que tu ne sauras jamais !

Les germes que tu as semé sont lourds de conséquences…

Si tu étais resté là, est-ce que maman aurait attrapé de cancer du au stress et de mauvais soins par manque d’argent, celui que tu lui as dérobé sans lui rendre de compte ?

Si tu étais resté là, est-ce que tu aurais mieux suivi les souhaits et la carrière de tes enfants afin de les aider dans les moments difficiles ?

Si tu étais resté là, est-ce que tu serais devenu le grand-père que mes enfants attendent de toi, puisque tu es le dernier encore vivant ?

Mais tu n’es pas resté là !

Oui je sais, c’est TA vie, qui suis-je, à part ton fils, pour de demander des comptes… Qui suis-je…

En attendant, je dois vivre avec cela, en pensant à ce que notre vie aurait pu être si tu avais été différent, si tu avais été présent, avec nous, avec moi…

 

Crédit image : http://www.flickr.com

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27 comments

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  2. Seb158

    Un article très touchant, surtout en cette période de fêtes de fin d’année avec les problèmes relationnels familiaux qui s’y rattachent…

    Comment ne pas s’identifier?…

    Merci pour ce témoignage.

    • merci pour ton commentaire, la famille est très réduite, parfois j’aurais aimé qu’il soit là au moins pour mes enfants

  3. Aurélie

    J’ai eu le même géniteur. Alcoolique, violent, voleur et lâche qui a choisi de prendre la fuite. Même si j’ai toujours 1000 pourquoi en tête dont je ne connaîtrais jamais les réponses je me dit qu’il a fait son choix et que ça a peut être mieux valu pour moi

    • ce n’est pas facile comme situation, au moins il ne buvait pas, mais les dètes, ça elle y était, avec les huissiers qui tapaient à la porte régulièrement

  4. Merci pour ce cri empreint de ton vécu. J’applaudis le courage que tu as à te livrer.
    Ton texte m’a beaucoup touchée même si je ne me retrouve pas dans tes paroles, je comprends tes interrogations.

    Ma “génitrice” nous a vite abandonnées, mes soeurs, mon père et moi, préférant vivre “sa” vie de débauche et de misère. De mon côté, cela ne me fait ni chaud ni froid. Je ne me l’explique pas, mais je comprends le manque que d’autres peuvent ressentir. J’ai grandi, mûri entourée des personnes qui me sont chères et tant pis pour elle si elle n’a pas voulu en faire partie.

    Encore un énorme merci pour ce beau texte. Continue à nous enchanter de tes bons mots.

    Au plaisir,

    • Merci à toi de me commenter aussi
      Il y a longtemps que je suis passé en mode “je m’en fou” mais avec les enfants qui se demandent pourquoi il n’ont pas de grand-père alors qu’il est encore vivant lui, cela me fait poser certaines questions et remuer des choses

  5. L’absence d’un père est dure à vivre quand il était aimant comme fut le mien…alors l’absence volontaire d’un père, ça ne doit pas être facile à supporter pour ceux qu’il a abandonnés…plein de courage !

  6. Christelle

    Ton article me touche beaucoup. Ayant perdu le mien, qui n’a pas connu mes enfants, je peux sentir sa bienveillance à travers les nuages. Et je regrette si fort que des papas et grands-pères de surcroît ne profitent pas de ce bonheur.
    Voilà, c’est comme ça. Mais il n’est jamais trop tard pour se dire les choses et demander pardon. Un jour peut-être penses-tu que ça te ferait du bien s’il le faisait?

  7. Quel article ! Et quelle douleur dans tous ces mots…
    Mon mari a eu le même père que toi, ça reste un sujet très sensible que l’on aborde peu, j’aimerais pourtant parfois qu’il crie , lui aussi , sa colère comme tu le fais si bien.
    Merci.

  8. leger aurelie

    La famille detruite je connais, ton histoire me touche. Mes deux enfants ont la chance d’avoir deux grands meres encore de se monde mais la malchance a la fois de ne pas en avoir car nous n’avons plus de contact. Je veux pas m’étaler juste oui c’est dur :(

  9. J’imagine que ce doit être difficile de vivre avec cette absence…

    • non, car ça fait un bon moment qu’il est parti, mais c’est surtout lorsque les enfants posent des questions

  10. Je suis bouleversée par ton billet, j’ai du le lire en plusieurs temps tellement il est éprouvant.

  11. Abdelhamid

    Article très touchant et d’une puissance à ébranler une montagne.

  12. Donc finalement, en te lisant, je me dis que j’ai de la chance. Car mon géniteur n’a fait qu’un seul enfant, car il n’a pas fait croire qu’il resterait, car il s’est auto-détruit avec faiblesse mais sans méchanceté, car Môm a un caractère suffisamment fort pour ne pas s’être laissé trop faire, car je ne l’ai pas vue souffrir tant que ça.
    Et lui, finalement je ne le considérais pas comme mon père alors la distance aidant, je ne le connaissais pas : la plupart des gens présents à son enterrement m’étaient inconnus, même ceux qui criaient de peine sur le cercueil…
    J’ai écrit sur lui, c’est bien différent !

  13. Ton article est très touchant, ça fait remonter en moi de mauvais souvenirs, mon père nous a aussi abandonné mes frères et moi, je n’avais alors que 5 ans, (3 enfants en bas âge 5 ans, 3ans et 1 an) mais à dire vrai, je ne lui en veux pas, c’était des histoires de “grands” comme on dit pas la peine de rentrer dans les détails.
    Allez courage !

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  15. Casimir

    Wouah, wouah, wouah!

    C’est dur de te lire, j’ai la chance d’avoir un père formidable, ce que je souhaite à tout le monde. Te lire met une sacrée gifle et me fait rappeler que la vie n’est pas toute rose.
    Je suis heureuse de savoir que malgré cette absence tu as su construire une famille et que tu rendes heureux tes enfants.
    Je suis désolée, je n’ai pas de mots justes mais MERCI!!!

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